Se présentant comme un fonctionnaire de police, un jeune homme de 27 ans a été arrêté à Adjohoun pour des faits présumés d’usurpation de fonction, de cybercriminalité et de sextorsion. Les investigations ont révélé un système de chantage numérique qui aurait fait plusieurs victimes au Bénin et à l’étranger, conduisant au transfert du dossier au Centre National d’Investigations Numériques (CNIN).

La lutte contre la cybercriminalité vient d’enregistrer une nouvelle avancée dans la vallée de l’Ouémé. Les éléments de la Police républicaine en service au commissariat de l’arrondissement d’Adjohoun ont procédé à l’interpellation d’un individu de 27 ans, soupçonné d’usurpation de fonction, de cybercriminalité et de sextorsion. L’intéressé, un carreleur résidant à Abato, se faisait passer pour un fonctionnaire de police afin d’abuser de la confiance de ses victimes et de leur soutirer d’importantes sommes d’argent.
L’enquête a été déclenchée à la suite de plusieurs plaintes enregistrées dans différents commissariats de la région, notamment à Adjohoun, Dangbo, Azowlissè et Affamè. Les témoignages recueillis faisaient état d’un même mode opératoire : un homme se présentant comme membre des forces de l’ordre exerçait diverses formes de pressions sur ses interlocuteurs, exploitant son prétendu statut pour obtenir des avantages financiers.
Grâce à un minutieux travail de recoupement et de renseignement mené par les services de police, les soupçons se sont progressivement concentrés sur un habitant de la localité d’Abato. Les investigations engagées ont permis son arrestation et la saisie de plusieurs téléphones portables utilisés dans le cadre de ses activités présumées.

L’exploitation préliminaire de ces équipements a mis au jour une affaire d’une ampleur bien plus importante que celle initialement envisagée. Les enquêteurs ont découvert des éléments laissant apparaître des pratiques de sextorsion visant aussi bien des citoyens béninois que des ressortissants étrangers. Le suspect aurait utilisé des contenus sensibles ou compromettants pour exercer un chantage numérique sur ses victimes et leur extorquer de l’argent. Les appareils saisis contenaient également de nombreuses photographies montrant l’intéressé vêtu tantôt de l’uniforme de la Police républicaine, tantôt de celui des Forces armées béninoises. Ces mises en scène auraient servi à renforcer sa crédibilité et à inspirer confiance à ses cibles avant de les piéger. Au regard de la complexité du dossier et de ses ramifications numériques, le mis en cause a été transféré au Centre National d’Investigations Numériques (CNIN). Les experts de cette structure spécialisée poursuivent les investigations afin d’identifier l’ensemble des victimes, de retracer les circuits financiers empruntés et de déterminer l’existence éventuelle de complices ou de ramifications supplémentaires.

Cette opération illustre une nouvelle fois la détermination des forces de sécurité béninoises à combattre les nouvelles formes de criminalité liées aux technologies numériques. Elle constitue également un appel à la vigilance des populations face aux individus qui usurpent l’identité d’agents de l’État pour commettre des actes d’escroquerie et de chantage en ligne.
FENOU MÉDIAS
Près de vous, Près des faits !