La réaffectation des vendeuses de friperie vers l’étage du marché suscite incompréhension, indignation et inquiétudes. Entre les commerçantes, qui dénoncent la remise en cause des emplacements qui leur avaient été officiellement attribués, et l’ANaGeM, qui invoque les exigences de la réorganisation du marché, la crise s’enlise.

Une profonde tension règne depuis plusieurs jours au marché moderne de Ouando, à Porto-Novo. Au cœur de cette agitation : le secteur de la friperie, où plusieurs commerçantes expriment leur incompréhension et leur indignation après une décision de l’Agence Nationale de Gestion des Marchés (ANaGeM) portant sur leur réaffectation vers un niveau supérieur du marché. La situation a pris une tournure préoccupante avec le scellement de plusieurs étals, laissant de nombreuses vendeuses dans une grande inquiétude. Pour ces femmes, cette mesure constitue un véritable coup dur, car elle entraîne une interruption de leurs activités et fragilise directement leurs revenus ainsi que ceux de leurs familles.

Pourtant, les commerçantes tiennent à le préciser : elles ne s’opposent pas au principe d’une réorganisation du marché. Leur indignation porte essentiellement sur le fait que les emplacements qu’elles occupent aujourd’hui sont ceux qui leur auraient été officiellement attribués au terme du processus engagé lors de la reconstruction du marché. Selon leurs représentantes, elles ont respecté toutes les étapes exigées par les autorités compétentes. Après avoir quitté leurs anciens espaces pendant les travaux, elles affirment avoir été recensées, enregistrées puis orientées vers les emplacements actuels, qu’elles ont occupés en toute confiance.

« Nous n’avons pas choisi ces places nous-mêmes. Elles nous ont été attribuées par les responsables du marché. Nous avons accepté de quitter nos anciens sites, nous avons investi dans nos nouveaux espaces, parce que nous pensions que cette décision était définitive », explique leur porte-parole. Pour ces vendeuses, la situation actuelle est difficilement compréhensible. Elles disent avoir le sentiment d’être pénalisées alors qu’elles estiment avoir simplement suivi les orientations qui leur avaient été données. Plusieurs d’entre elles affirment avoir engagé des dépenses pour aménager leurs boutiques et organiser leurs activités dans ces nouveaux emplacements.
Au-delà de l’aspect économique, c’est aussi une détresse humaine qui s’exprime. Plusieurs commerçantes soulignent les difficultés que représente un déplacement vers l’étage, notamment pour les vendeuses âgées ou celles confrontées à des problèmes physiques. La manipulation quotidienne de lourds ballots de vêtements constitue, selon elles, une contrainte supplémentaire susceptible de compliquer davantage leur activité.

Elles craignent également une baisse de fréquentation, estimant que la position actuelle de la friperie au rez-de-chaussée contribue fortement à l’attractivité commerciale du marché. Pour elles, l’enjeu dépasse donc la question d’un simple emplacement : il touche directement à la survie de leurs activités.
Face à cette situation, elles lancent un appel au dialogue et sollicitent l’intervention des autorités afin qu’une solution équilibrée soit trouvée. Du côté de l’administration du marché, la lecture des événements est différente. Un responsable explique que la décision de transfert s’inscrit dans une démarche globale de réorganisation et de sectorisation du marché moderne de Ouando.
FENOU MÉDIAS
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