À l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année 2026, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, a consacré une partie de son discours aux violences infligées aux enfants, parfois par ceux-là mêmes qui sont censés les protéger. Face à ces situations, il appelle à renforcer les mécanismes de protection et invite les députés à réfléchir aux moyens de mieux protéger les mineurs dans leur environnement familial et social.
Les violences faites aux enfants ne s’arrêtent pas toujours aux portes des maisons. Elles peuvent survenir dans les espaces où les plus jeunes devraient trouver protection, affection et sécurité. C’est cette réalité préoccupante que le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, a mise en lumière le mercredi 21 octobre 2026, à Porto-Novo, lors de l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année.

Dans son discours, le président du Parlement a exprimé sa préoccupation face aux violences dont sont victimes de très jeunes enfants, notamment des filles et des garçons âgés de quatre à huit ans. Il a particulièrement insisté sur les violences commises dans le cadre familial, y compris par des personnes auxquelles incombe normalement le devoir de protection.
« Je voudrais que les députés réfléchissent à protéger les enfants contre leurs parents, à protéger les enfants contre leurs entourages, à protéger les enfants partout où ils se trouvent », a-t-il déclaré. Cette interpellation place la protection de l’enfance au cœur des responsabilités collectives. Elle rappelle que la famille, considérée comme le premier cadre de protection et d’éducation, peut aussi devenir un lieu de vulnérabilité lorsque les adultes manquent à leurs obligations ou deviennent eux-mêmes les auteurs de violences.

Un appel au renforcement des mécanismes de protection
Pour illustrer son propos, Joseph Djogbénou a évoqué le cas d’une petite fille qu’il a désignée sous le prénom de Flora, sans préciser davantage son identité. Il a également salué l’action des personnes et des structures qui accueillent des enfants vulnérables et leur offrent un cadre de protection. Le président de l’Assemblée nationale a notamment cité Anna Tèko et Gilles Gabélus, qu’il a associés à l’ouverture d’un orphelinat accueillant des filles et des garçons. Il a rendu hommage à celles et ceux qui s’engagent auprès des enfants confrontés à des situations difficiles.
Au-delà de ces initiatives, il a appelé le gouvernement à renforcer son action dans le domaine de la protection sociale. Il a également salué le rôle de l’Institut national de la femme et plaidé pour un soutien accru aux centres d’accueil. « Le Bénin ne peut pas suffisamment se développer si les poches de vulnérabilités persistent », a-t-il souligné, en insistant sur la responsabilité particulière des personnes chargées de protéger les enfants.

La protection de l’enfance, un défi pour les pouvoirs publics
Cette prise de parole intervient dans un contexte où la protection des mineurs exige une vigilance constante des familles, des communautés et des institutions. La prévention des violences, le signalement des situations à risque, la prise en charge des victimes et l’accompagnement des enfants constituent des enjeux essentiels pour éviter que les plus vulnérables ne restent sans recours.
En évoquant ces questions devant les députés et les membres du gouvernement, Joseph Djogbénou a donné une dimension sociale forte à l’ouverture de la session parlementaire. Il a rappelé que le développement national ne saurait être apprécié uniquement à travers les réalisations économiques et les investissements, sans tenir compte de la protection des personnes les plus fragiles. La question posée est donc celle de la capacité des institutions à garantir aux enfants un environnement sûr, y compris lorsqu’ils sont exposés à des violences dans leur propre entourage.

En invitant les députés à réfléchir aux moyens de mieux protéger les mineurs, le président de l’Assemblée nationale appelle à une mobilisation qui dépasse les seules déclarations de principe. La protection de l’enfance suppose une vigilance permanente, des mécanismes de prise en charge accessibles et une action coordonnée des acteurs concernés. Car aucun enfant ne devrait avoir à craindre les personnes dont il dépend pour grandir, être éduqué et vivre en sécurité.
FENOU MÉDIAS
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