Construction des infrastructures routières sous la rupture : Parent pauvre, Avrankou crie la trahison et s’indigne !

Construction des infrastructures routières sous la rupture : Parent pauvre, Avrankou crie la trahison et s’indigne !

Alors que le Bénin vit au rythme de la construction massive d’infrastructures modernes et de kilomètres de routes bitumées sous le régime de la rupture, un constat amer s’observe à Avrankou . La commune, pourtant berceau de la Première Dame, demeure désespérément en marge de cette dynamique nationale.

En dehors de l’axe actuellement en chantier reliant Porto-Novo à Igolo dans la commune d’Ifangni et traversant la Cité des Djaka, Avrankou n’a vu aucune route bitumée durant les deux mandats du président Patrice Talon. Pire, même ce chantier inter-État est aujourd’hui interrompu. De la dépression d’Avrankou jusqu’au carrefour, la route est devenue impraticable, exposant quotidiennement les populations à des risques d’accident tant l’accès y est difficile. Un paradoxe qui nourrit un sentiment grandissant de frustration et d’injustice au sein des différentes communautés de la Cité des Djaka.

La population n’a pas la mémoire courte, fait savoir, tout déçu, le jeune Timothée. Depuis plusieurs années, les projets routiers annoncés en grande pompe suscitent plus de désillusion aujourd’hui que d’espoir. L’axe Avrankou–Kouti–Takon, la route Ouanho–Atchoukpa–Ouindodji–Akpro-Missérété, l’itinéraire Avrankou–Djomon–Katagon, ou encore la voie Avrankou–Sado sont autant d’annonces qui n’ont jamais dépassé le stade des discours. « Nous avons été bercés par des effets d’annonce répétés, mais la réalité est cruelle, aucun engin de chantier n’a foulé nos routes », confie un notable, déçu par ce qu’il considère comme un « abandon injustifiable ».

Chez les jeunes, le désenchantement est encore plus fort, presque indescriptible. Beaucoup estiment que l’absence d’infrastructures freine l’élan entrepreneurial et étouffe les initiatives locales. « Comment comprendre que la commune d’Avrankou, terre de la Première Dame, reste exclue des grands chantiers nationaux ? », s’interroge Rodrigue, jeune entrepreneur. « Nos voisins bénéficient de routes flambant neuves, alors que nous pataugeons encore dans la boue. C’est une humiliation. » Cette frustration s’amplifie à chaque saison des pluies, lorsque les routes se transforment en pièges de boue et d’eau stagnante, isolant des villages entiers et paralysant les activités économiques.

Dans certains marchés comme dans les villages environnants, les femmes, principales actrices du commerce local, témoignent d’un quotidien éprouvant. « Nos marchandises pourrissent avant même d’atteindre les grandes villes. Les camions s’embourbent, les clients se découragent », raconte une vendeuse de tomates. « Nous avions cru aux promesses, mais aujourd’hui nous avons l’impression que notre commune ne compte pas dans les priorités. »

Face à ce contraste avec d’autres localités du pays, où les routes bitumées transforment le visage des territoires et la vie de leurs habitants, Avrankou se sent marginalisée. La commune, pourtant stratégique par sa proximité avec Porto-Novo et le Nigéria ainsi que sa richesse agricole, apparaît comme un « parent pauvre » du régime de la rupture. « Il y a une réelle blessure morale dans cette situation », explique un cadre de la diaspora. « Nous ne comprenons pas ce silence autour de notre commune. Ce manque d’attention est perçu comme un mépris. »

Aujourd’hui, la déception s’est muée en indignation. La population d’Avrankou, totalement désabusée, annonce déjà sa réponse dans les urnes. Les discours de résignation laissent place à une détermination affichée : sanctionner l’indifférence par le vote. De nombreux habitants estiment que les responsables politiques de la commune, ainsi que les élus et cadres de la mouvance, n’ont pas su défendre efficacement les intérêts de leur territoire. Cette inertie pourrait s’avérer lourde de conséquences lors des prochaines échéances électorales. « Nous n’avons plus confiance, et nous allons le montrer dans les urnes », lâche un jeune cadre, déterminé. « La politique, c’est aussi la réciprocité. Si le régime n’a rien fait d’autre pour nous à part le stade omnisports, qu’il ne s’attende pas à notre soutien. »

Avrankou interpelle donc ses fils et filles engagés en politique. Il est encore temps de sauver la face. Mais si rien ne change, la commune fera entendre sa voix autrement, en retirant à la mouvance présidentielle le soutien qu’elle avait su capitaliser par le passé. Car au-delà de la symbolique d’être la terre d’origine de la Première Dame, Avrankou réclame désormais justice et équité républicaine : bénéficier, comme les autres communes, des routes qui ouvrent la voie au développement.

FÊNOU MÉDIAS
Près de vous, Près des faits !

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Développement local