Comité d’études des dossiers de candidatures chez les Démocrates : Le piège du cafouillage qui peut briser le rêve !

Comité d’études des dossiers de candidatures chez les Démocrates : Le piège du cafouillage qui peut briser le rêve !

Au cœur du principal parti de l’opposition béninoise, Les Démocrates, se joue un théâtre complexe où pluralité rime avec confusion. La récente ouverture des candidatures pour l’élection présidentielle a révélé un panorama inédit . Trente cinq (35) candidatures ont été officiellement enregistrées, chacune porteur de ses ambitions , des espoirs et de sa vision, mais qui, paradoxalement, fragilise la cohérence stratégique de la formation politique.

Cette pluralité de candidatures, à première vue, pourrait être interprétée comme un signe de vitalité démocratique interne. Elle traduit une volonté de transparence et de participation élargie, valorisant l’idée que le choix du candidat ne relève pas d’un seul cercle restreint ni d’un seul seigneur, mais d’un processus collectif. Cependant, au-delà de cette façade démocratique, se dessine un piège redoutable , celui du cafouillage stratégique.

Pour éviter le chaos et sélectionner un ticket crédible, le comité d’études des dossiers est à l’œuvre, avec pour mission de départager les prétendants et de dégager le duo candidat qui sera rendu officiel le 11 octobre prochain. Mais la tâche est délicate autant pour les membres du comité d’études des dossiers que pour le leader charismatique du parti. Il s’agit en effet de ne pas tomber dans le travers de l’auto-parrainage, où certains postulants tenteraient de s’imposer par leurs réseaux ou leur popularité, et de résister à l’influence du sentimentalisme ou de la passion, qui pourraient fausser un choix rationnel et stratégique.

En effet, un parti qui se veut leader de l’alternance au Bénin et face à la machine du redoutable métronome Patrice Talon, ne peut se permettre de disperser ses forces. L’éparpillement des candidatures reflète un malaise latent, un déficit de leadership clair et un manque de consensus sur la figure capable de porter les aspirations de l’opposition. Chaque candidature supplémentaire, loin de renforcer le parti, dilue son capital crédibilité et risque d’ouvrir la voie à des divisions internes irréversibles.

Si Les Démocrates ne parviennent pas à opérer un choix neutre, capable de rassembler tous les courants et de mobiliser davantage le peuple à leur cause, le parti pourrait s’infliger une véritable autoflagellation politique. L’indécision ou la sélection d’un candidat trop clivant fragiliserait non seulement la cohésion interne, mais réduirait considérablement l’attractivité du parti auprès de l’électorat, compromettant ainsi toute ambition de conquête du pouvoir en 2026.

Le cas des Démocrates illustre parfaitement ce paradoxe : la démocratie interne, en théorie garante de légitimité, devient instrument involontaire de paralysie. Les débats, jusqu’alors constructifs, peuvent rapidement se transformer en rivalités personnelles. Les égos s’affrontent, les stratégies se brouillent et, in fine, le parti pourrait passer à côté du meilleur choix, celui qui incarne à la fois compétence, expérience et capacité à rassembler au-delà de son cercle militant.

L’expérience des grandes formations politiques africaines et internationales montre que la cohésion autour d’une figure charismatique et consensuelle est souvent décisive. Les Démocrates, en se laissant happer par la multiplication des candidatures, s’exposent à un risque majeur : offrir un spectacle d’indécision à l’électorat et perdre de vue l’objectif premier, celui de proposer une alternative crédible à la majorité présidentielle.

Pour éviter ce piège, le parti devra aller au-delà de la simple juxtaposition de candidatures et engager un processus de clarification stratégique. La sélection d’un leader capable de fédérer, de dialoguer avec toutes les sensibilités internes et de convaincre l’ensemble du pays ne peut être laissée au hasard d’un pluralisme mal maîtrisé.

Le dilemme est donc évident : entre la richesse apparente d’une démocratie interne et l’impérieuse nécessité de cohérence stratégique, Les Démocrates doivent choisir. Leur épreuve est celle du leadership et de la vision stratégique : réussir ce choix neutre et rassembleur sera déterminant pour conquérir le pouvoir en 2026. Faute de quoi, le « cafouillage » des candidatures pourrait bien devenir le plus sérieux obstacle à leur ambition présidentielle.

FÊNOU MEDIAS

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