À l’approche des élections générales de 2026, le Parti Les Démocrates monte au créneau. Dans une déclaration rendue publique ce vendredi par Guy Mitokpè, la principale formation de l’opposition tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de « dysfonctionnements inquiétants » et de « manœuvres d’exclusion » dans le processus électoral en cours. Entre lenteurs administratives, blocages dans la délivrance de documents et soupçons de partialité, le parti estime que les fondements mêmes de la démocratie béninoise sont mis à rude épreuve.

À travers cette sortie, Les Démocrates dressent un constat préoccupant du climat politique national. Pour le parti dirigé par Boni Yayi , les prochaines élections générales représentent un tournant décisif pour la survie du pluralisme démocratique au Bénin. « Voilà bientôt dix ans que notre démocratie est mise à rude épreuve », rappelle la déclaration, soulignant que le peuple béninois a dû faire face à des dérives autoritaires susceptibles de compromettre les libertés fondamentales. Le parti met en garde contre de nouvelles formes d’entrave, plus subtiles, susceptibles de limiter la participation de certains acteurs politiques à la compétition électorale.
Sur le plan administratif, Les Démocrates disent adhérer pleinement à l’article 42 du Code électoral, qui impose à tout candidat d’être à jour dans le paiement de ses impôts. La formation affirme même partager cette exigence de civisme fiscal, tout en saluant « le professionnalisme et le patriotisme » des agents des impôts. Cependant, elle dénonce des lenteurs inexplicables et des blocages persistants dans la délivrance des quitus fiscaux. Selon le parti, plusieurs de ses cadres, bien qu’en règle vis-à-vis du fisc, peinent toujours à obtenir ce document indispensable à leur candidature. Une situation qui, selon la déclaration, jette le doute sur l’impartialité du traitement administratif réservé aux différents acteurs politiques.

Le parti attire également l’attention sur un autre obstacle de taille. Il s’agit de l’introduction soudaine d’un nouveau format du certificat de nationalité, à seulement quelques jours de la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle. Cette mesure, jugée « déstabilisante » et « lourde de conséquences », a plongé de nombreux citoyens dans un véritable casse-tête administratif. « Le gouvernement de la ruse et de la rage a encore trouvé le moyen d’introduire un obstacle supplémentaire dans le processus », déplore le communiqué, évoquant des délais anormalement longs, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Pour Les Démocrates, cette situation traduit une stratégie délibérée de déstabilisation visant à semer la confusion et à retarder la préparation des candidats de l’opposition.
La déclaration met également en lumière des pratiques discriminatoires à l’encontre de certains militants, qui se verraient refuser l’authentification de leurs documents dans certaines mairies et tribunaux. « Dans plusieurs localités, nos militants font le pied de grue toute la journée pour une simple signature, sans résultat », s’indigne le parti, y voyant une volonté manifeste de fragiliser l’opposition par la paperasserie et la lenteur institutionnelle. Face à cette situation, Les Démocrates appellent à la vigilance collective et à la responsabilité républicaine des agents publics, tout en exhortant les autorités à garantir l’égalité de traitement entre tous les citoyens. « On ne règle pas un problème pour en créer un autre », avertit la déclaration, qui réclame une accélération urgente dans la délivrance des documents électoraux afin d’éviter toute suspicion d’exclusion politique déguisée.
Malgré la gravité du constat, le parti d’opposition réaffirme sa détermination à participer pleinement à toutes les échéances électorales. Il assure mettre tout en œuvre pour franchir les obstacles et défendre l’idéal d’une élection libre, juste et inclusive. « Rien, absolument rien, sauf Dieu, ne nous empêchera de participer aux prochaines élections générales », conclut la déclaration, dans un ton à la fois combatif et solennel.
FÊNOU MEDIAS
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