La campagne électorale en vue de la présidentielle de 2026 s’achève sur une note globalement saluée par l’opinion publique et les observateurs , celle d’un exercice démocratique maîtrisé, marqué par la discipline des candidats et un respect mutuel rarement pris en défaut. Dans un contexte souvent propice aux tensions, les deux prétendants à la magistrature suprême ont, dans l’ensemble, privilégié des discours courtois, recentrés sur les projets de société et les enjeux de développement, plutôt que sur les attaques personnelles.

Sur l’ensemble du territoire, les populations ont répondu avec ferveur aux sollicitations des candidats. Meetings, caravanes et rencontres de proximité ont donné lieu à des mobilisations significatives, dans une ambiance chaleureuse et réceptive. Cet engouement populaire, loin de dégénérer, a illustré une maturité politique croissante, où l’adhésion s’exprime dans la paix et la responsabilité.

Cette sérénité doit également beaucoup au professionnalisme des forces de défense et de sécurité, dont la présence discrète mais efficace a contribué à maintenir un climat apaisé. Aucun incident majeur n’est venu entacher cette période sensible, preuve d’une coordination réussie entre les acteurs sécuritaires et administratifs.

Les médias, pour leur part, ont joué un rôle déterminant dans la consolidation de ce climat. Par un traitement globalement équilibré de l’information, ils ont offert aux candidats des tribunes d’expression tout en veillant à la rigueur et à l’éthique professionnelle. Cette posture a favorisé une meilleure compréhension des enjeux électoraux par les citoyens.

Dans ce dispositif, les institutions de régulation ont pleinement assumé leur mission. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ( HAAC) en particulier, s’est illustrée par une veille constante, garantissant l’équité d’accès aux médias et le respect des règles en vigueur. Son rôle régulateur a été déterminant pour prévenir les dérives et encadrer la communication politique.

Cependant, au-delà de ce bilan largement positif, la campagne électorale laisse un vide dans l’opinion publique. Il s’agit de l’absence d’un débat télévisé entre les deux principaux candidats, Romuald Wadagni et Paul Hounkpè. Cette lacune apparaît d’autant plus regrettable que les deux hommes, l’un technocrate économiste aguerri, l’autre enseignant rompu aux réalités sociales, tous deux anciens ministres de la République, disposent du profil idéal pour offrir à la nation un face-à-face de haute tenue.

Dans une démocratie en consolidation, un tel débat ne relève pas du simple symbole . Il est essentiel et constitue une exigence. Ce débat télévisé est le lieu de la confrontation directe, rigoureuse et transparente des visions, des bilans et des ambitions. Son absence prive les électeurs d’un moment décisif de clarification, et interroge sur la capacité du processus électoral à aller jusqu’au bout de l’exigence démocratique.



À cet égard, les souvenirs du débat ayant opposé Patrice Talon à Lionel Zinsou en 2016 demeurent encore vivaces dans les esprits. Cet exercice démocratique, salué pour sa tenue et sa qualité, avait marqué un tournant dans la pratique politique nationale, en offrant aux citoyens une lecture claire, contradictoire et sans filtre des options en présence.
En 2026, cette séquence n’a pas seulement fait défaut , elle a laissé un vide démocratique difficilement justifiable au regard des standards attendus. Une absence qui, sans remettre en cause la qualité globale de la campagne, en constitue indéniablement la principale limite. Car si la paix, la discipline et le respect constituent des acquis précieux, le débat contradictoire demeure un pilier non négociable d’une démocratie pleinement vivante et exigeante.

Ainsi, la campagne électorale 2026 restera comme un exemple de maturité politique et de responsabilité collective. Mais elle rappelle également, avec force, que l’exigence démocratique ne saurait se satisfaire de la seule paix : elle appelle aussi, impérativement, la confrontation ouverte, assumée et éclairante des idées. Un goût d’inachevé, n’est-ce pas ?
FENOU MÉDIAS
Près de vous, Près des faits !