Depuis le 13 septembre 2025, date qui consacre le demarrage de la gratuité de délivrance des actes de naissance sécurisé, les mairies du Bénin connaissent une affluence historique. Une mesure saluée par les populations, qui se traduit par un afflux massif de demandes, mettant les agents de l’ANIP en situation de surcharge. Cette mobilisation témoigne à la fois de l’importance de ce document et des défis logistiques que doit relever l’administration.

En effet, la gratuité temporaire de l’acte de naissance sécurisé, offerte par le gouvernement via l’Agence Nationale de l’Identification des Personnes (ANIP), a déclenché une vague sans précédent de demandes, révélant à la fois l’ampleur des besoins non satisfaits depuis des années et l’espoir d’un accès plus juste aux droits fondamentaux.
À l’aube, des centaines de citoyens se pressent devant les guichets, certains arrivant dès 5 heures du matin, d’autres n’hésitant pas à dormir sur place la veille pour garantir leur place. Cette mobilisation populaire témoigne de l’attachement profond des populations à ce document clé, désormais accessible sans frais.
« J’ai passé la nuit ici avec un ami pour être sûr d’avoir ma place, on sait que la demande est énorme et il faut être patient. Mais cette gratuité est une chance qu’on ne peut pas manquer. » confie Émile à Adjarra.
A Abomey-Calavi, Marie, venue avec deux enfants, partage son expérience « Je suis arrivée tôt ce matin et j’ai attendu des heures sous le soleil, mais ça en vaut la peine. Avant, je n’avais pas le temps ni les informations nécessaires de faire ces démarches. Aujourd’hui, je suis sereine, mes enfants auront enfin leur acte de naissance. »

Ce flot massif de demandeurs place les agents de l’ANIP dans une situation particulièrement délicate. Dans une mairie du département de l’Ouémé , un employé de l’Anip confie, sous couvert anonymat « Nous travaillons sans relâche, parfois jusqu’à tard dans la soirée, mais le volume est exceptionnel. Nos équipes sont débordées, il faut vraiment que des mesures de renfort soient mises en place rapidement. »
« L’acte de naissance n’est pas qu’un simple papier », rappelle Fatou, juriste à Cotonou. « C’est la clé d’accès à l’éducation, à la santé, à la justice. La campagne de gratuité est une avancée majeure, mais elle doit être accompagnée d’une sensibilisation accrue pour que les Béninois mesurent pleinement son importance. »
À Parakou, Ouidah ou Djougou, les scènes sont similaires. Des files d’attente interminables, des citoyens patients mais déterminés, parfois contraints de passer la nuit devant les bureaux pour assurer leur enregistrement. Ce spectacle illustre la portée sociale de cette mesure, mais aussi les limites du dispositif face à un afflux inhabituel.
Cette grande affluence est symptomatique d’un mal profond : des décennies de difficultés d’accès à l’état civil ont creusé un déficit d’identification des populations. La gratuité, même temporaire, constitue un premier pas crucial vers une inclusion sociale plus équitable.
Il appartient désormais aux autorités de capitaliser sur cet élan en renforçant durablement les capacités de l’ANIP et en sensibilisant la population à l’importance des documents d’état civil.
En définitive, cette ruée vers l’acte de naissance gratuit témoigne d’une aspiration collective à une citoyenneté pleinement reconnue. Que cette dynamique ne soit pas un feu de paille, mais un moteur durable pour garantir à chaque Béninois la pleine mesure de ses droits, à travers un accès fiable, rapide et accessible à ses documents d’identité.