Projet de budget général de l’État exercice 2026: Plus de trois mille milliards FCFA pour la nation, zéro pour la presse

Projet de budget général de l’État exercice 2026: Plus de trois mille milliards FCFA pour la nation, zéro pour la presse

Le projet de loi de finances pour l’année 2026, adopté en Conseil des ministres le 10 septembre 2025, affiche une enveloppe historique de 3 783,984 milliards de FCFA. Il s’inscrit dans une dynamique de transformation structurelle de l’économie béninoise, avec une priorité affichée pour les dépenses sociales, qui absorbent à elles seules 42 % du budget général. Mais dans cette ambition budgétaire annoncée comme porteuse de croissance partagée, une incohérence majeure saute aux yeux : aucune ligne budgétaire n’est prévue pour soutenir le secteur de la presse.

Cette omission, lourde de sens, a provoqué une vive réaction de la Plateforme des Promoteurs et Acteurs pour le Développement des Médias (PADeM-Bénin). Dans un communiqué rendu public mercredi 17 septembre 2025, l’organisation exprime sa profonde inquiétude face à ce qu’elle qualifie d’exclusion institutionnalisée d’un secteur pourtant vital pour le fonctionnement démocratique du pays.

Depuis l’avènement de la rupture, ce secteur stratégique, reconnu comme le 4ᵉ pouvoir de la République, n’a été l’objet de la moindre attention, dénonce le communiqué signé par le président de la plateforme, Ilarion KINGNON.

Pour la PADeM-Bénin, il ne s’agit pas simplement d’un oubli technique. C’est le reflet d’un désintérêt systémique qui persiste d’année en année, malgré les alertes, les plaidoyers et les signaux d’alarme lancés par les professionnels des médias. Ce mutisme budgétaire envers la presse contraste violemment avec l’ampleur des ressources mobilisées pour d’autres secteurs, et pose une question centrale : une démocratie peut-elle prospérer sans sa presse ?

Le rôle de la presse ne se limite pas à l’information. Elle est un outil de veille, de transparence, de redevabilité, un espace de débat et d’expression des citoyens, et une courroie essentielle entre les gouvernants et les gouvernés. L’ignorer dans la politique budgétaire nationale revient à affaiblir les fondations mêmes de l’État de droit, estime la PADeM-Bénin.

Consciente des enjeux de l’heure, la plateforme appelle à une action immédiate et responsable. Elle s’adresse directement au Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, aujourd’hui candidat aux fonctions de Président de la République, ainsi qu’aux honorables députés de l’Assemblée nationale, notamment le président de la Commission des finances. L’objectif : qu’ils prennent en compte la nécessité d’une dotation spécifique pour le secteur des médias lors de l’examen et du vote du budget.

Si malgré les grands chantiers qui attendent, le secteur de la presse est encore laissé sur le carreau, il urge d’agir pour corriger le tir, martèle le communiqué. La PADeM-Bénin ne se limite pas à une critique. Elle se dit prête à proposer des pistes concrètes, des mécanismes clairs, et des solutions viables pour que le soutien à la presse ne soit ni une faveur, ni une dépense de luxe, mais un investissement dans la démocratie, la cohésion sociale et la paix durable.

Alors que 2026 s’annonce comme une année électorale charnière, avec des enjeux politiques majeurs et un climat social à surveiller, l’oubli de la presse dans le budget national pourrait avoir des conséquences graves. Une nation qui consacre des milliers de milliards à son développement mais zéro franc à la voix qui l’observe, l’interpelle et la raconte, prend le risque d’avancer sans conscience.

C’est donc un cri d’alerte et d’engagement que lance la PADeM-Bénin. Pour que la presse ne soit plus ce parent pauvre de la République, mais bien un pilier soutenu, respecté et protégé. Car une presse affaiblie, c’est une démocratie fragilisée.

FENOU MÉDIAS

Près de vous, Près des faits !

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