La Cour Suprême du Bénin a accueilli, le vendredi 08 mai 2026, un important café scientifique familial consacré à l’évolution de la notion de conjoint dans la jurisprudence béninoise. Organisée conjointement avec l’Association Béninoise du Droit de la Famille, cette rencontre a réuni de hauts magistrats, juristes, avocats, universitaires, auditeurs de justice, greffiers et praticiens du droit autour d’une problématique devenue centrale dans les sociétés contemporaines.

Dans un contexte marqué par les mutations sociales, l’évolution des mentalités et la transformation progressive des modèles familiaux, la notion de conjoint suscite désormais des interrogations juridiques de plus en plus complexes. Longtemps perçu sous le seul prisme légal et traditionnel, le mariage apparaît aujourd’hui comme une réalité à la fois juridique, sociale, culturelle et parfois même économique. Entre exigences de protection des droits fondamentaux, évolution des rapports familiaux et nécessité d’adapter les textes aux réalités nouvelles, le juge se retrouve au cœur d’une mission délicate d’interprétation et de clarification des normes.

Au-delà de sa dimension institutionnelle, la réflexion engagée met également en lumière les profondes mutations sociologiques que connaît la famille africaine contemporaine. Les nouvelles formes de cohabitation, la place de la femme dans la société, les rapports entre tradition et modernité, les enjeux successoraux ainsi que les transformations des liens conjugaux interrogent de plus en plus les systèmes juridiques africains. Dans ce contexte mouvant, le droit est appelé à concilier stabilité des valeurs sociales, sécurité juridique et prise en compte des nouvelles réalités humaines.


C’est précisément pour nourrir cette réflexion que l’Association Béninoise du Droit de la Famille a souhaité ouvrir un dialogue scientifique avec la Cour Suprême, dont le rôle demeure essentiel dans l’unification de l’interprétation du droit et la consolidation de la sécurité juridique. À l’ouverture des travaux, le président de la Cour Suprême , Victor Dassi ADOSSOU, a rappelé que le droit de la famille doit évoluer en harmonie avec les réalités sociales contemporaines. « Le droit de la famille, plus que tout autre peut-être, requiert une approche pluridisciplinaire et une écoute attentive des évolutions sociales. Il ne saurait être figé, sous peine de se trouver en décalage avec les réalités qu’il prétend régir », a-t-il souligné.


Habituée à promouvoir la réflexion doctrinale et jurisprudentielle sur les grandes questions contemporaines, la Cour Suprême du Bénin a salué l’initiative portée par l’Association Béninoise du Droit de la Famille. Le président Victor Dassi ADOSSOU a notamment félicité les responsables de l’association ainsi que son président, Clautaire AGOSSOU, pour leur engagement en faveur de la réflexion juridique et scientifique. Placée sous le thème : « Évolution de la notion de conjoint dans la jurisprudence de la Cour Suprême du Bénin », la rencontre a donné lieu à des communications de haut niveau et à des échanges particulièrement nourris. Plusieurs sujets sensibles ont été abordés, notamment la polygamie, les successions, le statut des épouses et des enfants légitimes, ainsi que les débats liés au mariage entre conjoints de même sexe.


Les discussions ont également permis de confronter différentes approches doctrinales et jurisprudentielles, tout en ouvrant la voie à des propositions inspirées de certaines expériences africaines. Au-delà des divergences d’interprétation, les participants ont surtout mis en évidence la nécessité pour le droit de la famille de rester en phase avec les évolutions de la société tout en préservant les fondements juridiques, culturels et sociaux de l’institution familiale.

À travers la qualité des interventions et la richesse des débats, ce café scientifique familial confirme la volonté de la Cour Suprême du Bénin de renforcer le dialogue entre la justice, le monde universitaire et les praticiens du droit afin de mieux appréhender les enjeux juridiques et sociétaux contemporains. En saluant la participation active des membres de la Cour, des universitaires et des professionnels du droit, le président Victor Dassi ADOSSOU a estimé que cette rencontre constitue une contribution majeure à la réflexion sur l’avenir du droit de la famille au Bénin et au renforcement de la coopération entre la Cour Suprême et l’Association Béninoise du Droit de la Famille.
FENOU MÉDIAS
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