Réseaux de vol de motos et commerce des pièces détachées : Quand les châssis usagés servent à effacer les traces du crime !

Réseaux de vol de motos et commerce des pièces détachées : Quand les châssis usagés servent à effacer les traces du crime !

À Porto-Novo comme dans plusieurs autres villes du Bénin, le commerce des châssis de motos usagés et des pièces détachées suscite de plus en plus d’inquiétudes. Longtemps considéré comme une activité ordinaire liée à la réparation et à la récupération d’engins accidentés ou hors d’usage, ce secteur serait désormais exploité par certains réseaux criminels spécialisés dans le vol de motos afin de maquiller les engins dérobés et d’en effacer les traces.

Selon plusieurs sources concordantes, des individus impliqués dans le vol de motos auraient progressivement mis en place une méthode subtile destinée à brouiller l’identification des engins volés. Après le vol d’une moto, les malfaiteurs se procureraient des châssis provenant de motos accidentées, réformées ou irréparables, achetés à faible coût sur les marchés spécialisés, avant d’y adapter les différentes composantes des motos dérobées.

Dans certains cas, ces anciens châssis seraient acquis à moins de 15.000 francs CFA, selon certaines sources discrètes. Une fois les modifications effectuées, l’identité technique de la moto change complètement. Les références et numéros d’identification se retrouvent alors associés au nouveau châssis utilisé, compliquant considérablement les enquêtes des forces de sécurité et réduisant les chances pour les victimes de retrouver leurs engins.

Cette pratique, de plus en plus évoquée dans certains milieux, alimente les inquiétudes au sein des populations, notamment dans l’Ouémé où le commerce des pièces détachées et des châssis usagés connaît une forte expansion. Des motos accidentées ou définitivement hors service y sont régulièrement démontées puis revendues en pièces, alimentant un circuit parallèle qui répond certes aux besoins des réparateurs et des propriétaires d’engins à moindre coût, mais qui peut également servir de couverture à des activités frauduleuses.

Des observateurs attirent aujourd’hui l’attention sur l’absence de mécanismes rigoureux de contrôle et de traçabilité dans ce secteur sensible. Pour eux, le problème ne réside pas nécessairement dans la commercialisation des pièces détachées elle-même, mais surtout dans l’exploitation criminelle qui en serait faite par certains réseaux organisés spécialisés dans le vol, le recyclage et le maquillage des motos.

Face à la montée des inquiétudes, plusieurs citoyens appellent les autorités compétentes et la Police républicaine à renforcer les contrôles dans les marchés de pièces détachées, les ateliers de mécanique et les circuits de vente de châssis usagés. L’identification systématique des vendeurs, le suivi des numéros de série, la mise en place de mécanismes efficaces de traçabilité ainsi que des opérations régulières de vérification figurent parmi les mesures jugées nécessaires pour freiner cette forme de criminalité qui contribue à alimenter l’insécurité.

Dans un contexte où la moto demeure le principal moyen de déplacement de milliers de Béninois, notamment des conducteurs de taxi-motos, des artisans et des acteurs du secteur informel, l’essor de ces techniques de camouflage des engins volés apparaît comme une menace croissante pour la sécurité des populations et la protection des biens. Beaucoup espèrent désormais une réaction rapide et coordonnée des autorités afin d’empêcher l’enracinement de ce système dans les circuits du commerce des pièces détachées.

FENOU MÉDIAS
Près de vous, Près des faits !

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