Le parti Les Démocrates traverse l’une des crises les plus graves de son histoire . La non disponibilité de la fiche de parrainage du député Michel Sodjinou a plongé la formation dans une impasse politique majeure depuis trois jours, au risque de compromettre la recevabilité du dossier du duo présidentiel Renaud Agbodjo–Judes Lodjou. Dans ce climat de suspicions et d’inquiétudes, le premier vice-président du parti, Éric Louis Houndété, a décidé de briser le silence. Sa lettre ouverte adressée à son « frère et ami » Michel Sodjinou se révèle à la fois une confession, un cri du cœur et un acte de repositionnement moral.

D’un ton grave mais mesuré, Éric Houndété y exprime son désarroi face au mutisme prolongé de son compagnon de lutte. Il raconte ses tentatives répétées de contact, ses visites à domicile restées infructueuses, et les délégations de médiation qu’il a conduites en compagnie du ministre Akadiri, du président Lodjou, de Maître Fade, ainsi que de Mesdames Saka Sero Gnanki et Saka Saley Jihane. Toutes ces démarches, précise-t-il, n’ont produit aucun résultat.
Mais au-delà des faits, cette lettre prend la dimension d’un geste politique fort. En s’adressant publiquement à Michel Sodjinou, Éric Houndété semble vouloir lever toute ambiguïté sur sa position au sein du parti et sur les accusations implicites dont il pourrait être l’objet. À travers une écriture empreinte d’humilité et de retenue, il se dégage de tout soupçon d’intrigue et revendique la sincérité de son engagement : celle d’un homme de conviction, fidèle à l’esprit démocratique qui a fondé le parti.

« Ce qui nous a unis au sein du parti Les Démocrates est au-delà de notre fraternité et de notre amitié. Il s’agit du destin de tout un peuple », écrit-il, comme pour rappeler à son ami que la responsabilité politique dépasse les affinités personnelles. Tout en reconnaissant à Michel Sodjinou sa liberté de conscience, il l’exhorte à agir avec hauteur et loyauté, au nom de la Nation. « L’histoire nous interpelle et le Bénin tout entier nous regarde », ajoute-t-il, dans une phrase qui résonne comme un appel au devoir.
Sous le vernis de la fraternité, la lettre de Eric Houndété met en lumière une réalité plus profonde : la fracture idéologique et humaine qui s’est installée au sein des Démocrates. Le vice-président évoque les frustrations accumulées, les blessures d’ego, les malentendus internes et les incompréhensions autour du processus de désignation du candidat. Il reconnaît aussi, avec franchise, les humiliations que son ami aurait subies du fait de leur proximité politique.

Selon le contenu de la lettre, Michel Sodjinou avait dès le 2 septembre dernier exprimé ses réticences quant à la transparence du processus de choix du candidat, préférant retenir sa fiche de parrainage jusqu’à l’obtention de garanties sur la procédure. Cette attitude, interprétée par certains comme un acte de défiance, a ouvert une crise que la direction du parti peine à contenir.
Pourtant, à travers ce texte d’une grande dignité, Éric Houndété refuse l’escalade. Son propos n’accuse pas, il apaise. Il s’adresse à la raison, au sens du devoir et à la conscience patriotique. « Nous devons penser à notre parti, penser à la République, penser aux filles et aux fils de ce pays », écrit-il dans une formule qui, au-delà du parti, s’adresse à toute la classe politique. « Appelle-moi, mon frère, et parlons-nous. Dieu te protège et protège notre pays. » Cette phrase, à la fois simple et symbolique, résume l’essence du message : la politique n’a de valeur que si elle demeure un espace de dialogue, de loyauté et de vérité.
En rendant publique cette correspondance, Éric Houndété se déculpabilise sans se justifier, assume sans accuser, et dévoile sans trahir. Sa démarche, tout en exposant la fracture des Démocrates, réaffirme une certaine idée de la politique , celle d’un engagement fondé sur la conscience, le respect et la fidélité à la parole donnée.
FÊNOU MEDIAS
Près de vous , Près des faits !