L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, ce jeudi 4 décembre 2025, la loi n°2025-22 portant loi de finances pour la gestion 2026. Ce budget s’équilibre à 3 783,984 milliards de FCFA, en hausse de 6,6 % par rapport aux 3 551,005 milliards de FCFA votés en 2025. La séance présidée par le président Louis Gbèhounou Vlavonou a également permis l’adoption de la loi portant règlement définitif du budget de l’État, gestion 2023, en présence du Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, ainsi que de ses collègues de la Justice, des Affaires étrangères et du Commerce.

Selon la Commission des finances, le projet de loi de finances 2026 traduit l’ambition de renforcer la mobilisation des recettes intérieures sans création de nouveaux impôts. Il élargit l’espace budgétaire en faveur du social et des investissements structurants, tout en veillant à la discipline et au ciblage des dépenses. Les prévisions économiques retiennent un taux de croissance de 7,5 %, un déficit budgétaire ramené à 2,7 % du PIB contre 2,9 % en 2025, un niveau d’inflation maîtrisé et une allocation de 42 % du budget général aux dépenses sociales. Ces orientations visent à soutenir la stabilité macroéconomique, à consolider les filets sociaux et à accompagner la dynamique d’industrialisation engagée.
La loi adoptée introduit d’importantes innovations fiscales, notamment la révision de la clé de répartition de la taxe sur la valeur ajoutée. Pour la TVA collectée par la Direction générale des impôts, 1 % est affecté au compte destiné au remboursement des certificats de détaxe, 12,35 % à la Caisse autonome de gestion de la dette et 86,65 % au Trésor public. Quant à la TVA perçue au cordon douanier, 2 % sont affectés au remboursement des certificats de détaxe, 97,5 % reviennent au Trésor public et 0,5 % sont destinés aux collectivités territoriales. Les modalités de fonctionnement du compte de consignation seront précisées par arrêté du ministre chargé des Finances. Le Code général des impôts connaît également des ajustements concernant les déductions de TVA sur les carburants et produits pétroliers industriels, ainsi qu’une limitation à 90 % de la TVA déductible pour les entreprises du BTP, tandis que les délais applicables aux demandes de remboursement sont clarifiés.

Au cours de l’examen du texte, plusieurs préoccupations ont été soulevées par les députés. Ils ont demandé des clarifications sur l’impact réel des performances économiques, sur la capitalisation éventuelle de la dette domestique et sur l’état d’avancement de l’étude actuarielle du FNRB. Ils ont insisté sur la nécessité de créer un fonds climat pour faire face aux dérèglements climatiques, de préciser les missions du fonds de gestion des catastrophes et de combler le manque de données statistiques désagrégées. D’autres interrogations ont porté sur la dotation du compte opération militaire à l’extérieur, le recul des crédits alloués au secteur de l’énergie malgré l’industrialisation, la mise en œuvre des 1500 km de routes et des 1000 km de pistes rurales, le retard des travaux sur la route Djougou–Péhunco, l’achèvement des pistes rurales dans plusieurs localités et le sort réservé aux lycées scientifiques. Le Gouvernement a indiqué que l’ensemble des amendements intégrés a été pris en compte à 100 %.

L’adoption du budget s’est déroulée en l’absence des députés du groupe Les Démocrates. Les groupes parlementaires Union progressiste le Renouveau et Bloc Républicain ont exprimé leur appui au texte, saluant un budget de cohérence, de consolidation et de projection. L’honorable Aké Natondé, au nom de l’UP-R, a estimé que ce budget prolonge dix ans de réformes cohérentes et prépare le futur en s’inscrivant dans la perspective stratégique de l’horizon 2060. Le Bloc Républicain a souligné la rigueur de la gouvernance économique et l’intérêt des mesures fiscales incitatives. L’honorable Chantal Ahyi a expliqué que ce vote représente un choix de responsabilité, en faveur de la vérité, de la jeunesse, du progrès social et de la Vision Bénin 2060. Avant la suspension de la séance, le président Louis Gbèhounou Vlavonou a exprimé sa satisfaction et remercié les députés ainsi que les membres du Gouvernement pour leur contribution à l’adoption de ces deux lois majeures, essentielles à la gouvernance économique et financière du pays.
FÊNOU MEDIAS
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