Bataille de fauteuil chez les Démocrates : Eric Houndété, entre tricherie idéologique et gymnastique de survie!

Bataille de fauteuil chez les Démocrates : Eric Houndété, entre tricherie idéologique et gymnastique de survie!

Au sein du parti Les Démocrates, la bataille pour le fauteuil présidentiel du parti entre Eric Houndété et Nourénou Atchadé a franchi le seuil du simple désaccord interne pour sombrer dans une scène presque théâtrale, où le tragique le dispute désormais au burlesque. Portée devant les juridictions, cette querelle expose au grand jour une crise de leadership qui, loin de se limiter à une lutte d’influence, révèle une profonde déliquescence de la cohérence politique du parti.

Dans ce duel entre les deux protagonistes, Nourénou Atchadé, sans être irréprochable, tient au moins une ligne : celle des textes et du respect de l’idéologie du parti, des procédures, d’une certaine continuité organique. Il incarne, bon gré mal gré, une forme de stabilité et de fidélité dans un édifice déjà fissuré. Sa faiblesse se trouve par contre dans une capacité limitée à galvaniser, à transcender, à transformer une légitimité statutaire en dynamique populaire. Mais au moins, sa position ne souffre pas d’ambiguïté fondamentale. Il reste LD et opposant radical à Patrice Talon.

En face, Eric Houndété offre un tout autre spectacle. Celui d’un homme politique pris dans ses propres contradictions, avançant à visage découvert dans une bataille dont il semble lui-même avoir vidé le sens. Car enfin, comment ne pas voir l’incongruité , pour ne pas dire l’absurdité, de sa posture actuelle ? L’homme qui veut aujourd’hui arracher la présidence des Démocrates à tout prix est le même qui, hier encore, traînait dans l’opinion publique une réputation persistante de soupçons d’une probable proximité avec le pouvoir de Patrice Talon. Mieux encore , il a franchi le rubicon en s’engageant ouvertement aux côtés du duo Wadagni-Talata , devenant un acteur actif de sa campagne sur le terrain. Autrement, Eric Houndété a enfin choisi avec audace et réalisme son chemin, le chemin de la survie et de l’ouverture politique. Donc, il est dans une nouvelle idéologie politique qui n’est plus celle d’une opposition radicale puisqu’il est désormais un acteur clé de la majorité présidentielle. Il est important de rappeler que l’acteur politique Éric Houndété est une bonne compétence politique avérée avec un parcours politique inspirant. Sauf que le jeu auquel il se livre entache sa crédibilité et son leadership politique.

Dès lors, la scène prend une tournure presque surréaliste. Eric Houndété veut diriger un parti dont il semble combattre désormais dans les faits, la ligne politique. Il revendique un leadership sur une formation qu’il contribue lui-même à affaiblir par ses choix. Il se bat pour un fauteuil dans une maison dont il a déjà franchi la porte de sortie. À ce niveau, il ne s’agit plus d’une stratégie audacieuse, mais d’un numéro d’équilibriste hasardeux, oscillant dangereusement entre incohérence et opportunisme.

Et c’est précisément là que le ridicule s’installe, lourd, persistant, presque accablant. Car cette démarche donne l’impression d’un homme qui veut tout à la fois : être dedans et dehors, opposant et allié, contestataire et bénéficiaire. Une gymnastique politique qui, loin d’impressionner, finit par décrédibiliser. À force de vouloir jouer sur tous les tableaux, Eric Houndété donne le sentiment de n’en maîtriser aucun.

Le recours aux juridictions vient achever ce tableau déjà peu reluisant. Au lieu d’apparaître comme un acte de clarification, il renforce l’image d’un conflit d’ego poussé à son paroxysme, où la quête de position prime sur toute vision politique. Pour un observateur attentif, la question n’est même plus juridique, elle est morale et politique. Que vaut une ambition qui ne s’appuie ni sur la cohérence, ni sur la constance, ni sur une ligne idéologique claire ? Pendant ce temps, Nourénou Atchadé, malgré ses limites, apparaît presque par contraste comme le moindre désordre dans ce chaos organisé. Non pas par éclat, mais par défaut, face à une adversité qui se disqualifie elle-même.

Au fond, cette bataille dépasse la simple conquête d’un fauteuil. Elle agit comme un révélateur brutal , celui d’un parti en perte de repères, mais surtout celui d’un acteur politique, Eric Houndété, dont la stratégie semble désormais se confondre avec une fuite en avant. À force de naviguer entre deux rives sans jamais accoster, il risque de s’enfoncer dans une zone trouble où l’ambition devient caricature, et où la politique, faute de cohérence, bascule dans le spectacle.

FENOU MÉDIAS
Près de vous, Près des faits !

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