Ce mardi 4 novembre 2025, la Bibliothèque Nationale du Bénin (BnB) a accueilli une rencontre intellectuelle et artistique d’exception. Sous le thème « Constitution, déploiement et valorisation des fonds d’archives et documentaires sur la danse et le spectacle vivant », ce séminaire a rassemblé un aréopage de participants passionnés : étudiants, artistes, bibliothécaires, archivistes, conservateurs et danseurs venus de tout le pays, unis par le même souci de sauvegarde et de transmission.

Placée sous la direction éclairée de madame Anne Décoret-Ahiha, anthropologue de la danse, et de madame Alice Poncet, experte en valorisation patrimoniale et responsable de la plateforme Numeridanse, la formation a offert un cadre privilégié d’échanges et de réflexions sur la mémoire vivante du spectacle.

Dès l’ouverture des travaux, il a été rappelé que l’archivage n’est pas une opération mécanique, mais un acte profondément humain. « Le spectacle vivant ne se fige pas de lui-même ; il exige la vigilance et l’engagement de l’archiviste, garant de sa mémoire et de sa pérennité », a souligné la direction du séminaire.
Pour M. Richard Adossou, danseur et chorégraphe, la sauvegarde des œuvres constitue un impératif moral et culturel. « Pendant mes études, l’absence quasi totale de documentation sur la danse a créé un vide, une lacune douloureuse dans mon parcours. Archiver nos œuvres, c’est offrir aux générations futures les clés d’une histoire que nous construisons jour après jour », a-t-il affirmé, dénonçant l’oralité exclusive comme vecteur unique de transmission.
Anne Décoret-Ahiha a, quant à elle, insisté sur l’importance de la préservation systématique des créations artistiques. « Il y a vingt ans, la documentation sur la danse était rare et fragmentaire. Aujourd’hui, nous observons des progrès, mais il reste essentiel de protéger chaque geste, chaque composition, car elles constituent la mémoire collective de nos sociétés », a-t-elle rappelé.

Le séminaire a également été marqué par des échanges approfondis sur des pratiques contemporaines, notamment le rythme Zinlin rénové, porté par l’artiste Houessou Anicet, alias Annice Pépé. Les participants ont pu interroger les formateurs et recevoir des réponses éclairées, renforçant leur compréhension et leur engagement pour la conservation du patrimoine chorégraphique.

Enfin, l’intervention de M. Malick a résonné comme un appel à la responsabilité individuelle « Apprenons à préserver ce que nous avons de plus précieux », a-t-il exhorté, invitant chacun à devenir gardien actif de sa propre culture. Ce séminaire illustre avec éclat le rôle central de Numeridanse dans la valorisation et la transmission du spectacle vivant au Bénin. Il confirme que la sauvegarde des œuvres artistiques n’est pas seulement un devoir, mais un acte fondateur pour l’identité culturelle et la mémoire collective. Et c’est tout le sens de l’engagement politique et des investissements massifs du gouvernement à travers le ministère de la culture, du tourisme et des arts depuis 2016 pour faire du Bénin une destination touristique unique en Afrique et le carrefour des richesses culturelles.
FÊNOU MEDIAS
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