Ce jeudi 22 janvier 2026, le président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, a procédé à la déclaration de ses biens personnels devant la Cour suprême, conformément aux principes de gouvernance publique précédant l’exercice du pouvoir. Un acte inédit en Guinée, dont la portée dépasse largement le cadre procédural pour s’inscrire dans le registre politique de la rupture.
Car cette exigence, pourtant réclamée depuis des années par les citoyens, la société civile et certains acteurs politiques, n’avait jamais été respectée sous les régimes antérieurs. Longtemps invoquée, jamais appliquée, la déclaration de patrimoine des dirigeants est restée l’un des angles morts de l’État guinéen, symbole d’une culture de l’opacité et d’une impunité institutionnalisée au sommet du pouvoir.

En posant cet acte devant la plus haute juridiction du pays, le chef de l’État assume un choix politique clair : celui de l’exemplarité comme principe de gouvernance. Ce geste, à la fois solennel et hautement symbolique, marque une volonté affichée de rompre avec les pratiques anciennes et d’imposer de nouveaux standards dans la gestion des affaires publiques. Il engage l’autorité présidentielle dans un registre où la légitimité ne se proclame plus, mais se démontre par les actes.
Dans un contexte de transition marqué par de fortes attentes citoyennes, cette déclaration de biens apparaît comme un signal adressé autant à l’administration publique qu’à la classe politique dans son ensemble. Elle place désormais la question de la redevabilité au cœur du débat institutionnel et pose une exigence nouvelle : celle de la cohérence entre discours de refondation et pratiques concrètes du pouvoir.

Cependant, cet acte fondateur ne saurait, à lui seul, suffire. Sa portée réelle dépendra de sa généralisation et de son inscription durable dans les mécanismes de contrôle de l’État. La crédibilité de la transition se jouera dans la capacité des autorités à faire de cette première un principe normatif, applicable à l’ensemble des hauts responsables, sans exception ni traitement différencié.


En ce sens, la déclaration de patrimoine du président Doumbouya n’est pas seulement un événement administratif ; elle constitue un test politique. Un test de sincérité, de continuité et de volonté réelle de refonder l’État sur des bases de transparence, de responsabilité et de respect des règles républicaines. L’histoire jugera si cet acte inaugure une nouvelle culture de gouvernance ou s’il restera un symbole isolé dans un système en quête de crédibilité.
FENOU MÉDIAS
Près de vous, Près des faits !