Les Démocrates sous le feu de la colère populaire : Houndété et Sodjinou pointés du doigt

Les Démocrates sous le feu de la colère populaire : Houndété et Sodjinou pointés du doigt

L’affaire du parrainage du député Michel François Oloutoyé Sodjinou plonge Les Démocrates dans la tourmente. Entre lettres ouvertes, déclarations publiques et critiques virales sur les réseaux, militants et Béninois expriment colère, indignation et suspicion de sabotage à la veille de la présidentielle de 2026.

Dans les quartiers populaires de Cotonou, la colère gronde. À Dantokpa, un vendeur de tissus s’exclame « Nous pensions que Les Démocrates étaient différents, mais voilà qu’ils se comportent comme les autres. Ils parlent d’unité mais se battent pour une fiche de parrainage. On est vraiment déçus ! » Même son de cloche au marché Arzèkè , où des commerçantes expriment leur indignation « On a trop espéré d’eux. Comment peut-on se diviser au moment où il faut défendre le parti ? C’est honteux ! Nous avons trop compté sur eux pour nous délivrer de ce régime de Talon qui nous fait voir de l’enfer depuis 10 ans» Dans les bars et espaces de détente, les discussions sont encore plus virulentes. Un jeune enseignant d’Abomey-Calavi lance « Ce n’est pas sérieux. Houndété, Sodjinou, ils jouent avec le destin du parti et de tout un peuple. On dirait qu’ils sabotent eux-mêmes leur camp et sont en mission contre nous. Tout donne à croire que Houndété et Sodjinou sont dans un deal. Mais Dieu du peuple va juger. Franchement, nous sommes en colère ! »

Sur les réseaux sociaux, la colère populaire s’exprime sans filtre. Les publications sur l’affaire Sodjinou génèrent des milliers de commentaires et partages, beaucoup dénonçant la trahison et l’indiscipline des dirigeants « Sodjinou a trahi la base ! », « Houndété n’est plus crédible, il cherche juste à sauver son image ! », « Trop, c’est trop ! » Jacques, un militant LD actif sur les forums résume l’indignation générale « Nous, à la base, on est furieux. Les dirigeants se contredisent, chacun défend sa position, et le parti s’enlise. C’est inacceptable ! » Même les plus modérés expriment leur frustration « Le parti est jeune, mais on ne peut pas tolérer qu’on se saborde ainsi. »

La colère s’accompagne de soupçons , plusieurs Béninois pensent que le refus de restitution de la fiche de parrainage par le député de Sodjinou, combiné à la lenteur de réaction du parti, n’est pas un simple désaccord mais un sabotage volontaire visant à fragiliser le duo Agbodjo–Lodjou. Sur les forums et dans les cafés, on parle de « complicité cachée » avec certains intérêts politiques pour neutraliser l’opposition.

Au sein du parti, les militants sont pris entre incompréhension et indignation. Dans la circonscription électorale, bastion de l’honorable Sodjinou, certains défendent le député, le qualifiant d’« homme de principe ». Mais la majorité exprime sa frustration avec force « Nous avons mal, on est en colère. Pendant que nous nous battons sur le terrain aller aux élections et gagner, nos dirigeants se disputent. C’est décourageant ! » confie un membre de la coordination communale des Démocrates à Sèmè-Podji. Même des cadres intermédiaires dénoncent publiquement la mauvaise gestion de cette crise « Ce genre de désordre ne se règle pas avec des lettres ouvertes et des communiqués tardifs. »

Dans les services publics et administrations, la colère se fait entendre à chaque pause-café. Des fonctionnaires ironisent « Si eux-mêmes ne savent pas gérer une fiche, comment vont-ils gérer le pays ? » La phrase circule sur les réseaux et illustre la frustration et le scepticisme grandissant de la population. Pour un politologue qui a requis l’anonymat, « cette affaire met à nu les failles structurelles d’un parti fragile et les jeux de coulisses qui précèdent une élection. Cette affaire est une machine politique pour déstabiliser le parti. Les Béninois sont en colère, et ils réclament sérieux et constance. Ils ne pardonnent pas la confusion ni la trahison , surtout à un parti qui prétend incarner le renouveau démocratique. »

Les dernières déclarations du vice-président Éric Houndété et la posture de Michel Sodjinou n’ont pas calmé la tempête. La lettre du premier, censée appeler à l’unité, est perçue comme « trop tardive et insuffisante ». Quant à Sodjinou, sa phrase « Je ne serai jamais complice d’une dérive autoritaire » est devenue un slogan ironique, repris par les internautes pour critiquer son rôle dans la crise.

L’affaire du parrainage ne concerne plus seulement une fiche : elle touche à l’âme même du parti. Les Démocrates jouent aujourd’hui leur crédibilité politique. Si le duo dirigeant ne recolle pas rapidement les morceaux, ils risquent de se présenter affaiblis et divisés face à leurs adversaires. Le parti risque de ne pas participer à la présidentielle 2026, faute de parrainages au complet. Dans la rue comme sur le web, le jugement est clair et sans appel « On ne peut pas combattre un système avec les mêmes travers. »

La crise a mis à nu les fractures, les égos et les maladresses d’une opposition encore en quête de maturité. Pour la première fois depuis sa création, Les Démocrates voient leur base et une majorité de Béninois exprimer colère, frustration et désillusion. Ils ne se contentent plus de discours , ils réclament des preuves concrètes de sérieux, de transparence et de fidélité à l’idéal démocratique. Sans un sursaut rapide, cette colère pourrait se transformer en désaffection durable. Et l’histoire retiendra que ce n’est pas le pouvoir qui a affaibli Les Démocrates mais Les Démocrates eux-mêmes.

FÊNOU MÉDIAS
Près de vous, Près des faits !

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