Ils partageaient les risques, mais pas les gains. À force de frustrations accumulées, la fracture est devenue béante. Dans une ironie presque théâtrale, celui qui réclamait sa « juste part » a fini par offrir à la justice ce que la peur n’avait jamais obtenu : la vérité. À Parakou, le crime a ainsi démontré qu’il porte souvent en lui les germes de sa propre chute.
Dans le deuxième arrondissement de la ville, trois jeunes amis étaient soupçonnés d’orchestrer des braquages ciblés dans des zones faiblement éclairées. Leur stratégie semblait bien maîtrisée : circuler à trois sur une motocyclette de marque Bajaj, repérer discrètement leurs victimes, puis les dépouiller sous la menace d’un coupe-coupe avant de disparaître dans l’obscurité.
Mais derrière cette mécanique apparemment huilée, la méfiance s’installait. L’un des membres du trio estimait être régulièrement lésé lors du partage du butin, recevant selon lui « toujours la plus petite part ». Une frustration persistante qui s’est transformée en ressentiment, puis en acte calculé.
Pour se faire justice, le mis en cause aurait tendu un piège au jeune frère de l’un de ses complices, qui cherchait à vendre un téléphone portable. Il lui aurait arraché l’appareil, considérant ce geste comme une compensation pour les parts qu’il jugeait injustes lors des précédentes opérations.

Ses deux compagnons, rapidement informés, l’ont identifié et décidé de le conduire au commissariat le vendredi 20 février 2025 afin qu’il restitue le téléphone. Mais contre toute attente, une fois devant les agents de Police, le jeune homme a choisi de tout révéler. Il a détaillé les agissements du groupe, leur mode opératoire et les tensions internes liées au partage des gains.
Cette confession inattendue a provoqué l’éclatement définitif du trio et ouvert la voie à des investigations approfondies. Les enquêtes se poursuivent afin d’établir les responsabilités et de faire la lumière sur l’ensemble des actes attribués à la bande. Une affaire qui rappelle, avec force, que l’illusion de l’argent facile ne résiste ni aux divisions internes ni à la rigueur de la loi.
FENOU MÉDIAS
Près de vous, Près des faits !