L’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, également président du principal parti de l’opposition Les Démocrates, recalé pour la présidentielle de 2026 par la Cour constitutionnelle pour insuffisance de parrainages, s’élève avec force contre la proposition de révision constitutionnelle actuellement déposée à l’Assemblée nationale et qui vise à instituer un Sénat au Bénin. Dans une déclaration solennelle sur sa page Facebook, l’ex-chef d’État dénonce une initiative « antidémocratique », « inopportune » et « sans légitimité nationale », estimant qu’elle menace les fondements de la République et les acquis démocratiques durement obtenus depuis 1990.

« La création d’un Sénat ne va pas dans le sens du renforcement de notre démocratie. Engagée sans consensus national, elle s’inscrit dans un climat d’exclusion qui fragilise la cohésion sociale », a martelé Boni Yayi. Selon lui, ce projet de loi constitutionnelle porte atteinte à la séparation des pouvoirs et risque de déséquilibrer le fonctionnement des institutions. L’ancien président s’interroge sur la composition, les attributions et la finalité réelle de cette nouvelle chambre, qu’il perçoit comme étant taillée sur mesure pour servir un seul homme, au détriment de l’intérêt général.

Fidèle à sa ligne de défense de la démocratie pluraliste, Boni Yayi affirme sans ambiguïté qu’il refuse d’être membre de droit du futur Sénat, une position qui souligne sa désapprobation totale du projet. « Je ne saurais en aucun cas faire partie de cette institution ni cautionner un tel projet », a-t-il insisté, qualifiant la démarche de « dérive institutionnelle » susceptible de modifier la nature même du régime politique béninois. Dans un ton grave et empreint de patriotisme, le président d’honneur du parti Les Démocrates a lancé un appel direct aux 22 députés de sa formation politique « J’en appelle aux députés du parti Les Démocrates à rejeter cette proposition de révision constitutionnelle. Par leur minorité de blocage, ils auront le mérite de rendre la parole au peuple, seul souverain légitime. »

Boni Yayi invite ainsi les élus de l’opposition à honorer leur serment et à demeurer fidèles à leur mission de défense de la démocratie, en repoussant toute réforme qui ne procède pas du consensus national.
Au-delà de la simple dénonciation, l’ancien président transforme sa prise de position en appel à la conscience nationale. Dans une formule à la fois lyrique et grave, il invite les Béninois à la vigilance et à la mobilisation « Ensemble, défendons notre République, notre démocratie et notre unité nationale. Refusons toute altération de l’équilibre institutionnel qui menace notre vivre-ensemble et l’avenir de notre Nation. Ensemble, sauvons la patrie. »

La sortie de Boni Yayi relance le débat sur la pertinence et le timing d’une telle révision de la Constitution. Alors que ses partisans saluent une voix courageuse face à une réforme perçue comme risquée pour la stabilité du pays, d’autres y voient un acte d’alerte républicaine à prendre au sérieux dans le contexte actuel de tension politique. Quoi qu’il en soit, cette prise de position marque un tournant dans le débat national et pourrait raviver la polarisation entre majorité et opposition sur la question du Sénat, symbole désormais d’un enjeu majeur : celui de la préservation de la démocratie béninoise.
FÊNOU MEDIAS
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