Du 27 au 29 mai 2025, Lomé a abrité la 10ème édition de la Journée Nationale du Pain, un rendez-vous majeur qui a rassemblé les acteurs de la filière de boulangerie et de pâtisserie, venus de toute l’Afrique de l’Ouest. Trois jours durant, entre ateliers, échanges techniques et instants de fraternité, le pain a été célébré comme symbole de dignité, d’unité et de développement. L’édition anniversaire s’est particulièrement distinguée par la présence de la délégation béninoise conduite par Anselme AGUEMON, président de l’ANAPEB-BÉNIN, chaleureusement accueillie par l’Association des Boulangeries Industrielles et Artisanales du Togo (ABIAT). La délégation béninoise a reçu les honneurs, marquant d’une empreinte fraternelle et engagée la participation du Bénin à ce rendez-vous continental.

Dans un discours aussi engagé que fédérateur, le président de l’ANAPEB-BÉNIN a tenu à exprimer sa reconnaissance à son homologue togolais pour » l’invitation fraternelle et prestigieuse » à ce rendez-vous symbolique. Se faisant le porte-voix de tout le secteur béninois de la boulangerie et de la pâtisserie, Anselme AGUEMON a martelé que le pain ne devait pas être vu uniquement comme un produit de consommation, mais comme un vecteur de dignité, de sécurité alimentaire, d’emploi et de stabilité sociale. « Le pain partagé est pain de vie », a-t-il rappelé en citant un proverbe africain, pour souligner la portée sociale et culturelle de cet aliment.
Faisant écho aux défis communs du secteur en Afrique de l’Ouest, le président de l’ANAPEB-BENIN a présenté les efforts de refondation stratégique engagés au Bénin : recensement des promoteurs et exploitants de boulangeries, régulation des prix, structuration des circuits de distribution, assainissement des pratiques et formation continue. Il a plaidé pour une gouvernance du secteur ancrée dans l’éthique, la qualité, et le respect des normes sanitaires. « Nous avons trop vu de lieux de production indignes, où l’odeur du levain se mêle à celle de la négligence. Cela ne peut plus continuer» , a-t-il dénoncé avec fermeté.

Mais au-delà des constats, Anselme AGUEMON a lancé un appel vibrant à l’unité et à la coopération sous-régionale. Il a invité ses homologues du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et d’ailleurs à « mutualiser nos expériences » et « parler d’une seule voix » pour défendre les intérêts des producteurs africains face aux défis croissants du marché. Son ambition : la mise en place d’une plateforme régionale de réflexion, de veille sanitaire, de négociation, de plaidoyer et de promotion du pain africain.
S’adressant enfin aux décideurs publics, il a souligné que le pain, en tant qu’enjeu transversal, mérite une politique publique ambitieuse : subventions ciblées pour les boulangeries, incitations fiscales pour les entreprises conformes aux normes, développement de la production locale de blé et de céréales, et un cadre juridique régional harmonisé. « Le pain est un enjeu stratégique. Il est au croisement de l’économie, de la nutrition, de l’emploi, de la stabilité sociale et même de la paix », a-t-il martelé.

En repartant de Lomé, Anselme AGUEMON a laissé un message fort « Le pain ne nourrit pas que le corps. Il porte aussi un rêve : celui d’une Afrique debout, autonome, fière de ses produits et de ses artisans. » Un message salué et applaudi par l’ensemble des participants, convaincus que le pain africain mérite d’être levé à la lumière de la solidarité et du progrès partagé.

